[JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES ] Des rues de Berchem-Sainte-Agathe féminisées le 8 mars.

Le 8 mars, la Journée internationale pour les droits des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions. C’est une occasion de faire le point sur les luttes et les réalisations passées, et surtout, de préparer l’avenir et les opportunités qui attendent les futures générations de femmes*.

Dans ce cadre, sur proposition du Conseil consultatif de l’égalité des chances, l’Échevine de l’égalité des chances a voulu inaugurer cette année la féminisation des noms de rues du 8 au 26 mars. En effet, peu de rues à Berchem-Sainte-Agathe portent des noms de femmes. « Les noms des personnages illustres qui ont donné leur nom à nos places ou à nos rues seront temporairement complétés par des plaques de rues mettant à l’honneur des femmes, tout aussi illustres » précise Katia Van den Broucke.

Ainsi, la place Dr Schweitzer deviendra la place Dr Isala Van Diest, du nom de la première femme médecin en Belgique. L’accès à la faculté de médecine lui ayant été refusé en Belgique et plutôt que d’être sage-femme, elle fera ses études de médecine en Suisse et sera la première femme belge à décrocher un diplôme universitaire. De retour au pays, il faudra un arrêté royal pour qu’elle puisse ouvrir son propre cabinet à Bruxelles et devenir ainsi la première femme médecin de Belgique.

Le Roi Albert échangera son avenue – et sa couronne – avec son épouse, la Reine Elisabeth de Belgique, dont le style sera très différent des deux premières reines de Belgique avec un rôle public beaucoup plus affirmé. Reine infirmière pendant la Première guerre mondiale, elle apportera son soutien et son aide à son mari dans l’accomplissement de ses tâches de chef d’État et exercera une grande influence sur la vie artistique et culturelle de la Belgique.

L’avenue Josse Goffin deviendra l’avenue Yolande Moreau, actrice et réalisatrice belge féministe dont le palmarès compte plusieurs Césars. La question du rôle des femmes et de leurs droits occupe une place importante dans la vie de l’artiste.

René Comhaire cèdera sa place à Gabrielle Petit, infirmière et résistante belge. Au prix de sa vie, Gabrielle fera de l’espionnage pour le compte des Alliés.

La rue Jean-Baptiste Vandendriesch sera la rue Marie Popelin, figure marquante du féminisme belge et première femme docteur en droit de Belgique. Elle n’obtiendra toutefois jamais son accès au barreau. Cette affaire sera à l’origine de la formation de la Ligue belge du droit des femmes.

L’avenue Evariste de Meersman deviendra Isabelle Gatti de Gamond, spécialiste de l’éducation, elle ouvrira la première véritable école communale laïque d’enseignement moyen pour filles de Belgique. Féministe, elle se battra toute sa vie pour le droit politique de la femme et pour le suffrage universel.

La rue Prosper Préser sera rebaptisée rue Amal Amjahid, de cette jeune championne de jiu-jitsu (née à Berchem-Sainte-Agathe) 8 fois championne du monde et 8 fois championne d’Europe.

La rue Louis De Smet sera la rue Nafissatou Thiam, grande athlète belge qui rafle les médailles aux JO et aux championnats du monde et d’Europe d’heptathlon et de pentathlon.

Marguerite De Riemaecker-Legot, politicienne belge, marquera la rue Hubert Heymans. Elle a été la première femme ministre de Belgique et également la première femme ministre d’État.

Et enfin, Auguste Denie se fera voler la vedette par Isabelle Pieman, Berchemoise et patineuse artistique, elle a été triple championne de Belgique et a défendu nos couleurs aux JO de Vancouver en 2010.

Un petit pas pour la femme…

De nombreuses avancées sont faites dans le monde et en Belgique. 15 dates marquantes du droit des femmes belges seront affichées en différents lieux publics de Berchem-Sainte-Agathe pour montrer d’où on vient et rappeler que certaines avancées qui nous semblent solidement acquises sont en fait tellement récentes dans notre Histoire. Hommes et femmes peuvent faire la différence au quotidien. Si c’est le mouvement féministe et les femmes elles-mêmes qui ont largement œuvré pour demander une égalité dans la société, les hommes ont leur rôle à jouer : juste répartition des tâches ménagères et de la charge mentale, congé parental, égalité salariale, lutte contre le sexisme et les stéréotypes genrés ; les hommes peuvent aussi défendre les droits des femmes.

Les droits des femmes progressent pas à pas mais restent fragiles et il y a encore lieu de les défendre ici et ailleurs. Des bandes hygiéniques en emballages individuels seront collectées pendant le mois de mars pour soutenir les femmes précarisées en collaboration avec l’ASBL BruZelle qui assure une distribution gratuite, discrète et dans la dignité.

La confection de trousses en tissu coloré se fera par l’atelier de couture « Naai ça pique ! » le 26 mars 2020 à 19h30 à la dKantine du centre culturel De Kroon (rue J-B. Vandendriesch 19).

À la Bibliothèque francophone (rue des soldats 21) :

À travers la toute nouvelle collection de la jeune maison d’édition “Névrosée”, découvrez douze femmes de lettres belges délaissées puis oubliées. Ne laissons pas ces femmes disparaître de notre histoire ni de notre patrimoine.

lundi 9 mars de 18h30 à 20h. Activité gratuite.

Avec le soutien de l’Échevine de l’Égalité des chances, assistez au spectacle « Sans crier gare » sur le thème du féminisme de la conteuse belge Muriel Durant.

– jeudi 12 mars à 19h30. Activité gratuite pour tout public à partir de 14 ans.

Pour ces deux activités, réservation souhaitée au 02/465.87.90 ou info@biblioberchem.be

Cf. Nations Unies.

Publié le :
05 mars 2020

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